Voyage au cœur du passionnant petit monde de la plus étroite rue de Paris

Inspirés de personnages historiques, de batailles, de dates, de traités, de monuments ou simplement de chats qui pêchent !, les noms de certaines rues parisiennes renferment souvent d’étonnantes histoires. La rue du « Chat-qui-Pêche » est bien plus qu’une rue baptisée bizarrement. Elle fut également le théâtre d’un sinistre conte centenaire. Envie d’une promenade étrange ?

La rue du Chat-qui-Pêche, de nuit. Photo: Kenji Barroux

Tout en se précipitant dans la circulation incessante du Quartier-Latin, des milliers de touristes passent devant elle sans même un regard. Ce qui ne ressemble à rien de plus qu’une ruelle dissimulée entre deux bâtiments est en réalité la plus étroite rue de Paris, avec un nom des plus singuliers : La rue du Chat-qui-Pêche.

La plaque de cette curieuse rue officialise son nom insolite

Construite en 1540, la rue du Chat-qui-Pêche était à l’origine une ruelle qui permettait aux habitants du quartier de se rendre sur les rives de la Seine. À cette époque, aucun quai n’étant aménagé, le seul accès à la Seine était un escalier qui menait à l’eau.

Une vue du dit-endroit, extraite d’une carte postale

Jadis nommée « rue des Fours », « rue du Renard » ou encore « rue des Boutiques », l’étroite ruelle fut finalement baptisée rue du Chat-qui-Pêche – nom original inspiré de celui d’un magasin voisin. Large d’1,8 mètre seulement et longue de 29 mètres, la rue du Chat-qui-Pêche est de fait la rue la plus étroite de Paris. Il vous sera parfaitement possible, si l’envie vous en prenait, de tendre les bras des deux côtés et de toucher ses extrémités !

La rue vue de nuit : étroite mais intrigante

Des arrière-cuisines de restaurants donnant sur la ruelle se dégagent des arômes qui mettent l’eau à la bouche Ajoutée à l’ambiance déjà pittoresque de ce petit espace, l’atmosphère de la ruelle prend davantage de caractère.

Particulièrement charmant à l’heure du crépuscule, ce passage reste plongé dans une relative mais pertinente obscurité, et ce malgré la tentative des réverbères de l’éclairer.

Cadre assez sombre, l’effet produit est le parfait « fondu » de cette histoire énigmatique et obscure…

Un chat noir – mystérieux héros de cette sombre légende

La légende raconte qu’au xve siècle, un certain Dom Perlet, chanoine alchimiste, vivait dans cette étroite rue en compagnie de son chat couleur d’un noir ébène. Pêcheur particulièrement doué, capable d’attraper un poisson avec une seule patte, le chat avait l’habitude de rôder seul près de la rivière. Convaincus qu’il était un suppôt de Satan, trois jeunes étudiants décidèrent de tuer le pauvre chasseur et de s’en débarrasser dans la Seine. Ils étaient persuadés que l’alchimiste comme son chat étaient les incarnations d’une même créature : le diable ! Curieusement, une fois que le chat fut mort, l’alchimiste disparut… pour réapparaître un peu plus tard, comme renaissant de ses cendres après un long voyage. Quant au chat, il continua lui aussi à pêcher tranquillement aux bords de la rivière…

Malheureusement, personne n’a jamais pris l’animal en « flagrant délit ». Vous pouvez toutefois vous consoler avec une interprétation visuelle, inspirée par le sujet.

Cet art de rue captivant, inspiré par la légende de ce chat, continue de vivre dans cette ruelle, rendant cet endroit encore plus singulier

Dans ce remake contemporain d’art de rue est retracée l’histoire de cette légende véritable (elle est observable du côté rive de l’impasse). Notre ami félin y est équipé d’un kit de pêche à la ligne. Armé d’une canne à pêche et accompagné par un homme mystérieux (probablement son acolyte alchimiste tristement célèbre), notre héros à quatre pattes semble parfaitement adapté à la nouvelle saison de pêche. En analysant l’histoire de ce duo particulier qui hante toujours la petite rue, nous sommes en droit de nous demander si la curieuse histoire de ce tandem célèbre est encore une autre légende urbaine ou en réalité quelque chose de réel ?

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